Artistes Aidan Salakhova | : Habibi Projets | Biographie | Bibliographie | Presse

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«L’été, consacre-toi aux garçons, l’hiver aux femmes ». Comme inspirée par cette maxime d’Emir Ibn Iskander, l’auteur du célèbre traité didactique Miroir de princes (XIe s.), Aïdan Salakhova propose le projet Habibi.

Aïdan est à cent pour cent une « femme orientale », soulignant son authenticité nationale par tous les moyens : son œuvre, son image, sa clairvoyance orientale dans les affaires et les relations. Son art est toujours un « art de soi ».

Contrairement au christianisme, l’Islam n’a jamais interdit les plaisirs sensuels, mais les croyants ne devaient faire l’amour qu’avec leurs femmes. Le Coran et les hadiths condamnaient le « péché sodomite », et les coupables encourraient la peine capitale. Les choses se passaient cependant différemment dans la réalité. Si les premiers califes arabes respectaient à la lettre les lois de Mahomet, à partir des VIe-VIIe siècles (après le déplacement de la capitale du califat à Bagdad) et avec le développement de l’hédonisme, l’homo érotisme devint un motif courant de la poésie amoureuse. C’est notamment le cas des poèmes d’Abu Nouas, Djami, Roumi, Khayyâm, Zade Atai. Dans les arts figuratifs, les images homos érotiques apparaissaient assez rarement dans l’art monumental suite à l’interdiction officielle de ce thème ; les bas-reliefs du palais de Taj Mahal constituent l’exemple le plus connu. Ces images existaient donc essentiellement en tant qu’illustrations dans des traités sur l’amour et en tant que miniatures dans des livres, réalisées par des maîtres tels que Reza Abbassi, Mohamed Kvasima, etc. Les scènes d’amour saphique ne se rencontrent pas aussi souvent dans l’art musulman que celles homo érotiques. Par contre, contrairement à l’homosexualité masculine, le lesbianisme n’a jamais été condamné par l’Islam, car il était considéré comme une des distractions de harem destinées aux hommes. Les représentations les plus célèbres parvenues jusqu’à nous se trouvent dans l’ouvrage Koka Sastra du XVIIe siècle (une version perse du Kama Sutra indien) et réalisées par un artiste perse. Ces miniatures sont un hymne à l’amour physique raffiné sous ses formes les plus variées. L’amour est un acte sacré. L’éros est présenté comme un attribut séculier de l’homme, mais aussi comme une source d’énergie provenant du divin. L’influence du soufisme médiéval est visible dans une telle conception de l’érotisme et est également reflétée dans le projet d’Aïdan Salakhova.
 

Sans titre 12, 2003. Aquarelle sur papier, 78,5 x 62 cm