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La galerie Orel Art est heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle de Rupert Shrive à Paris.

Pour cette dernière, l’artiste anglais investit tout l’espace de la galerie avec, notamment, une installation magistrale et saisissante de peintures/sculptures intitulée « Congregation (after Santa Theresa) ». Inspirée par le chef d’œuvre de Bernini, « l’Extase de Sainte Thérèse », une multitude de visages apparaissent dans la pénombre de la galerie. Tordus, déformés, abîmés, ils se déploient sur les murs et au sol, comme animés par l’extase ou la souffrance. Théâtre hypnotique de mystérieuses créatures prêtes, telle une cohorte de chrysalides, à prendre leur envol. Michael Peppiatt, le biographe de Francis Bacon et auteur de la préface du dernier catalogue sur Rupert Shrive, décrit d’ailleurs ses œuvres comme « tendres et sensibles, comme si l’on leur ôtait la peau, celle de l’apparence, pour montrer toute l’étrangeté de la figure humaine ».

Animé par la recherche du mouvement, la torsion des formes, le spectaculaire et les effets d’illusion, l’artiste continue, avec cette œuvre, à explorer les nouvelles possibilités de la peinture et, par un geste manuel et intuitif à l’antipode de la technologie, s’empare de la toile, la tord, la plie, la froisse, et métamorphose la peinture en sculpture.

Rupert Shrive, poursuit aussi ici son dialogue toujours renouvelé avec le Cubisme, jouant à en prendre le contre-pied. Ainsi, au lieu d’inclure plusieurs points de vue dans un même plan, il choisit, au contraire, de partir d’un seul plan, un sujet sur la toile plane, pour lui donner plusieurs dimensions. La peinture devient mouvante, amenant le spectateur à découvrir à chacun de ses mouvements, un nouveau visage de l’oeuvre.

Dans sa deuxième série d’œuvres, « Configurations », des « peintures recyclées » comme il les nomme, réalisées à partir de fragments de ses toiles, l’artiste reconstitue une kyrielle de visages accidentés et chaotiques mais emprunts d’une esthétique envoûtante. Une série qui, outre sa fascination pour le portrait, laisse deviner sa prédilection pour les peintres espagnols comme Goya, El Greco, Picasso, et son compatriote Francis Bacon. Avec eux, il partage ce besoin de distordre les êtres pour mieux dévoiler les tourments de leur âme.
Le processus de transformation habite entièrement l’œuvre de Rupert Shrive. Métamorphose de la peinture en sculpture, transfiguration des visages, passage du statique au mouvement… Un cycle continu où l’artiste passe de la création à la destruction, pour aller vers la renaissance.

Un long entretien entre l’artiste et Michael Peppiatt, le grand biographe de Francis Bacon, introduira le catalogue édité à l’occasion de cette exposition.
 

Congregation (after St. Theresa), 2010. Acrylique sur papier, polyurethane, dimensions variables