Annouchka Brochet Marina Chernikova Valery Chtak Exposition de Groupe Dubossarsky - Vinogradov Alla Esipovich Laszlo Fehér Dasha Fursey Georgy Gurianov Valery Koshlyakov Vlada Krassilnikova Andrei Molodkin Ivan Plusch Aidan Salakhova Arsen Savadov Sergei Serp Yuri Shabelnikov Stephen J. Shanabrook Sergey Shekhovtsov Rupert Shrive Olga Tobreluts Evgeny Yufit |
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Suite à la période soviétique, les titres de noblesses ne sont plus reconnus en Russie.
Annouchka Brochet, princesse issue de la grande famille aristocratique russe, Galizin, vit dans cette situation ambiguë, entre héritage généalogique et conventions sociales.
Son travail reflète cette dualité, entre existence et non existence.
Sa dernière série de tableaux lumineux propose des interprétations d’images rêvées. Dès la plus tendre enfance, dans chaque femme vit une princesse qui n’a qu’une ambition : exister. La publicité joue sur ce phantasme inavoué en vendant des parfums, des cosmétiques, des produits de luxe... Devant ces femmes en transe, qui ont humé les effluves des nouvelles fragrances, ou effleuré des joyaux inédits, nous saisissons que l’actuelle religion de notre société est celle de la consommation. La frontière entre extase et mort est dans ces conditions quasi inexistante. Ces yeux fermés, ces bouches béates ont tout des Saintes, dont la mort rapide les comblait de bonheur tout en les rapprochant de la divinité.
La thématique de sa nouvelle exposition « Ecstasy » - « Extase » en français - poursuit cette réflexion. Si le concept d’extase nous renvoie en premier lieu aux Saintes d’antan transportées au ciel par la vision divine, le mot est aujourd’hui associé soit à la sexualité, soit à la petite pilule du bonheur éphémère des boites de nuit branchées. Pourtant, l’extase est au quotidien celle issue de la consommation.
Cependant, cette série questionne en particulier la position de la femme artiste devant les images publicitaires ; celles de ces femmes jeunes, idéales, inaccessibles. Est-il encore possible de peindre un portrait devant une telle inflation d’images idéales ? Sa réponse en tant que peintre est de donner toute sa force, son sens au geste. Ce n’est plus le geste de la maquilleuse délicate mais celui de la femme qui, épuisée par les multiples couches portées sur ses lèvres et sur la peau de son visage, écrase le tube de peinture ou de rouge à lèvres sur le miroir qui lui fait face.
L’utilisation du caisson lumineux donne tout son sens à l’œuvre. Le plastique, tel un miroir, garde les traces de l’évasion d’une beauté éphémère tandis que le dessin gravé dissimulé ne prend vie que sous l’action de la lumière artificielle. L’œuvre est triple, peinture, gravure, lumière sont indissociables.
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Sans titre 1, 2008. Gravure sur plastique, caisson lumineux et diodes latérales, 48 x 35,5 cm
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