Artistes Laszlo Fehér | : The story of Judit Projets | Biographie | Bibliographie | Presse

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Dans son projet ”The story of Judit”, László Fehér présente un sujet personnel qui lui est cher : le trouble psychologique de sa fille.
Le sujet est vu à travers les yeux du père mais également à travers ceux de l’artiste : douleur et incompréhension se mêlent alors à la thématique de la solitude, que Laszlo a mis en exergue dans son œuvre. Malgré la complexité de cette situation, il explore des événements et des situations extrêmement simples et communs.

Dès le début de sa carrière artistique, dans les années 1970, László Fehér manifeste un grand intérêt pour la photographie, qui l’oriente dans le choix des sujets et du cadrage de ses œuvres.
Sa manière de peindre, procédant de lourds coups de pinceau, réfère au tourment de l’existence humaine. Pourtant, la composition reste calme et les couleurs confèrent à la toile une certaine sérénité. Le fond noir évoque un calme infini et une mélancolie impénétrables, en même temps qu’il clôt visuellement l’espace virtuel de la composition. C’est à la fois un objet et un mur – une surface confinée et une nuit éternelle. Ainsi, l’espace pictural s’étend et les personnages deviennent infiniment solitaires, perdus et hésitants. Ils sont comme aliénés par le monde qui les entoure et en deviennent parfois même ”transparents”. Ces personnages racontent et portent une histoire en eux-mêmes ; ils ne créent pas leur propre histoire, mais la subissent. Ils sont fragiles et lascifs (Judit in red armchair), exprimant leur pathos à travers une protestation silencieuse.
L’artiste cherche à convier ainsi l’anxiété universelle, le désespoir irrévocable et l’isolation de l’homme moderne, à travers la représentation de sa jeune fille Judit.
La formulation de ce sujet est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. La série présente des événements et des situations divers : Judit à l’arrêt de bus, dans un fauteuil rouge, étendue sur le sol, avec des lunettes de soleil, les bras tendus, parlant au téléphone... Les situations sont extrêmement simples et naturelles, elles ne sont ni délibérées ni didactiques. Le regard de Judit est parfois dirigé directement vers le spectateur et le questionne, comme dans Judit with arms hold up. Dans d’autres oeuvres, Judit paraît au contraire renfermée sur elle-même, son regard est absent (Judit with pills) ou caché derrière des lunettes de soleil (Judit with sunglasses), et le spectateur doit chercher de lui-même les questions inhérentes. Dans l’oeuvre The Courtyard of the psychiatric clinic from Judit's window, la jeune fille disparaît complètement pour laisser place à la vue qu’elle a elle-même de sa chambre de l’hôpital. Le spectateur est directement plongé dans l’univers de Judit, et n’est plus ”spectateur” à proprement dit : il prend la place de la jeune fille et comprend alors l’étendu de son mal-être.

Les peintures de László Fehér présentent une condition, qui peut être comprise du point de vue d’un individu, d’une famille, d’une nation ou du monde. La maladie est personnelle mais peut être vécue par chacun, car la souffrance humaine emporte l’individu et peut arriver à n’importe qui. L’individu est sans défense et peut seulement définir sa place et la qualité de sa condition par rapport à la vérité ; cette vérité que tente de démontrer l’artiste dans ce projet.
 

Judit with white cap, 2007. Huile sur toile, 80 x 60 cm