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« Thinning factor »
20 juin -28 juillet 2007
A chaque période de l’Histoire, à chaque société, correspond une plastique idéale. En Occident, la polémique actuelle s’attache à dénoncer les canons de beauté véhiculés par le milieu de la mode, du show business.
Olga Tobreluts a, pour son nouveau projet, choisi de présenter une piste de réflexion à partir de laquelle le spectateur est libre de trouver ou non une réponse à l’éternelle question : La beauté idéale existe-t-elle ?
Une lutte perpétuelle demeure entre l’idéal de la forme droite, créée artificiellement par l’Homme, et la plastique arrondie, ondulée, irrégulière, granuleuse, vallonnée, propre au monde naturel. Cet impact entre civilisation et nature crée ainsi le chaos, la confusion.
Si l’on observe l’évolution de la silhouette féminine dans l’Histoire, on remarque une influence très importante de l’environnement et de l’organisation sociale sur la formation des idéaux esthétiques. La représentation que nous avons aujourd’hui de la femme est en parfaite contradiction avec ce qu’elle a pu être au 17ème siècle par exemple. La maigreur était un signe de maladie, de faiblesse physique, tandis qu’être ronde était signe de bonne santé et de fertilité. Plus tard, au 19ème siècle, l’utilisation du corset permit à la femme de maîtriser son corps. Le corps n’est alors plus un objet que la nature façonne, mais devient la victime de ce que la société lui impose.
A l'heure où prolifèrent les corps virtuels, où s'estompe la frontière entre le mécanique et l'organique, où l'on s'approche de la programmation de l'espèce et de la réplication de l'individu, il est plus que jamais nécessaire d'éprouver la limite de l'humain : "Mon corps est-il toujours mon corps ? "
De nos jours, l’Humanité passe la plus grande partie de sa vie dans une ville entre des gratte-ciels qui tendent à s’allonger plutôt qu’à s’élargir, l’économie de place devient prépondérante, le rythme de la vie est effréné ; la rationalisation est devenue le maître mot de notre société. Rationalisation que l’on trouve également dans l’image du corps véhiculée par le monde de la mode, où la femme devient un être androgyne.
Les deux principales séries de l’exposition « Thinning factors » sont basées sur des images d’idoles sexuelles contemporaines. Olga Tobreluts prend le parti de mêler ces représentations à des sculptures de déesses antiques, de façon à ce que chaque visage possède une autre incarnation corporelle, contraire aux canons modernes. Il en découle des illustrations flagrantes d’une absurdité tendant à limiter les formes dans la conception des proportions idéales du corps féminin.
En même temps, l’exposition permet au spectateur de considérer l’inexplicable inversion suivant la perception de la maigreur -poussée délibérément jusqu’à l’insensé par l’artiste- privée d’individualité et pourtant toujours aussi séduisante.
L’affirmation selon laquelle la jeunesse éternelle est aujourd’hui toujours extrêmement attirante est particulièrement actuelle dans la série d’œuvres où les corps antiques arborent des visages d’actrices et de mannequins connus de tous, telles que Kate Moss, Keira Knightley, ou Angelina Jolie.
Aussi, un choix libre, indépendant des clichés esthétiques et sociaux est il aujourd’hui possible? Sans pour autant prétendre y répondre, le dessein de l’exposition est de tester les références esthétiques propres à chacun.
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Déesse abandonnée, 2007. Huile sur toile, 180 x 86 cm
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