Annouchka Brochet Marina Chernikova Valery Chtak Exposition de Groupe Dubossarsky - Vinogradov Alla Esipovich Laszlo Fehér Dasha Fursey Georgy Gurianov Valery Koshlyakov Vlada Krassilnikova Andrei Molodkin Ivan Plusch Aidan Salakhova Arsen Savadov Sergei Serp Yuri Shabelnikov Stephen J. Shanabrook Sergey Shekhovtsov Rupert Shrive Olga Tobreluts Evgeny Yufit |
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Cette série est vouée aux actrices de films. Il ne s’agit pas de faire semblant- les femmes présentées ici ont été choisies dans l’index des acteurs des Studios Lenfilm ; elles gagnaient de l’argent pour leurs apparitions à l’écran. Elles ont déjà atteint un âge avancé, où il n’est plus question d’avoir une carrière cinématographique ou télévisuelle sérieuse ; la plupart d’entre elles présentent même un manque certain de succès dans leur vie privée.
On pourrait s’attendre ici à voir un cliché prédéterminé – quelque chose comme « les petites actrices » de Vertinski : « même en jouant les soubrettes elles jouent les reines »… Cependant, rien de tout cela n’apparaît dans ces photographies, aucune mise en scène spectaculaire : ces femmes sont présentées dans leur univers du quotidien, épuisées par leurs problèmes en lien avec leur profession. Elles semblent souvent très anxieuses. Quelques unes d’entre elles, pourtant, essaient de jouer : réciter un texte, ou bien essayer une tenue d’une garde-robe théâtrale. Mais elles ne jouent pas pour un rôle.
Il s’agit d’une épreuve pour la vie elle-même : essayer de vivre d’une nouvelle manière, de changer ce décor monotone, « de sentir la différence »… Hélas, ce test ne mène à rien : Esipovich, en représentant cette scène d’habillage, montre avec une retenue pénétrante des détails qu’aucune tenue ne peut cacher – les veines sur les jambes, les symptômes inévitables de l’âge mur… Et aussi des traits caractéristiques imperceptibles qui expliquent leur carrière manquée - une recherche comique de leur pose, un certain manque de talent.
En dépit de cela, cette série est pleine de chaleur humaine. Dans un sens, cela me rappelle des films soviétiques « féminins » des années 70 et 80 – « In love according to my own desire”, etc. Tout y semblait faux, visuellement terne et émotionnellement erroné – Mais il y avait une note sincère, la note thérapeutique. Les metteurs en scène et les actrices étaient en fait solidaires de leurs héroïnes, oppressées par la misérable vie de l’époque soviétique, et qui finalement avaient l’impression d’avoir une chance de rencontrer leur prince charmant.
Dans le projet de Alla Esipovich, tout y est plus grave et sans merci – même la fleur reproduite sur chaque tirage semble déplacée d’une certaine façon. Mais tout espoir (incluant le prince charmant) n’est pas perdu : quelqu’un peut et doit frapper à la porte. La note thérapeutique – l’espoir – ne se manifeste ni visuellement ni thématiquement. Il réside à travers la patience dont l’artiste a fait preuve envers ses sœurs, et à travers le temps qu’elle a investi dans leur vie. Il est certain que si ce n’était pas pour l’espoir, le jeu aurait eu peu de sens…
Aleksander Borovski,
Conservateur du département Art Contemporain State Russian Museum
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Sans titre 9, 2005-2006. Photographie couleur, Diasec, 100 x 100 cm, 10 éditions
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