Artistes Arsen Savadov | : Donbass–Chocolat Projets | Biographie | Bibliographie | Presse

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Arsen Savadov a obtenu « La couronne d'argent », le premier prix du Festival Internationale de la Photographie à Moscou 2003.

UKRAINE. MINES DE CHARBON A DONBASS. 1500 METRES DANS LES SOUTERRAINS. Pour réaliser son «hard reportage » l’artiste descend dans des conditions insupportable. Les mises en scènes métaphoriques sont réalisées avec des réels mineurs. La mine est présentée comme la culture underground.
La série de photographie « Donbass », qui entre dans projet global intitulé « Deepinsider », recrée les conditions troublantes qui prévalent dans les mines de charbon d’Ukraine. Le quotidien des vrais mineurs qui vivent dans cet « underground » au sens propre est troublé par l’irruption d’artistes, de photographes et de quelques mannequins de sexe masculin, habillés de tutus. Choisissant le choc du style « hard », les artistes font ressortir une zone métaphorique où s’agrègent le fleuve Tartare, Eros et le chaos.
Avec ses conditions difficiles et les éléments de risque permanent qui y sont associés, la mine de charbon constitue le paradigme extrême de la condition ouvrière. L’habitat des mineurs d’Ukraine revêt la forme d’une sorte de ghetto reposant sur le volontariat dans lequel les mineurs constituent un groupe hermétiquement cloisonné à l’intérieur de la société, possédant ses propres codes sociaux et son système éthique distinct. La mine offre une version étrange de la « culture des catacombes » et se présente en même temps comme un endroit réservé au sexe masculin, un « club for men only », où le corps est soumis à une discipline exténuante.
Des sites similaires ont fourni le cadre d’un type conventionnel de photographie documentaire, où les artistes interviennent dans des lieux réputés en principe inaccessibles, soulignant le haut de degré de bravoure et d’habileté manipulatrice du photographe qui pénètre des lieux dangereux et des situations restrictives. La stratégie de notre artiste est comparable à celle de ceux qui, selon l’artiste américaine Martha Rosler, « tel l’astronaute, nous font voir des lieux dans lesquels on n’aurait jamais espéré se trouver : photos de guerre, photos de bidonvilles, images de cultes et de sub-cultures, photos de déviants, de pauvres vivant dans d’autres pays… »
L’exploration de l’artiste vise l’identité de deux groupes marginaux : artistes contemporains formant la fraction culturelle la plus radicale au sein de la société ukrainienne, et mineurs, qui sont le groupe social le plus focalisé dans cette société. Confusion et perturbation surgissent, en résultante de la confrontation entre l’hétérosexualité associée par convention à ce type d’univers et l’intervention d’artistes simulant une homosexualité stéréotypée.
Leur stratégie d’altération de la sémantique des mass média exprime en un certain sens un objectif ambitionné d’agression culturelle. Les artistes ont changé la méthodologie de l’apparence en idéologie de la présence. Ils ont tenté de renouveler un espace culturel fonctionnant pour lui-même en lui renvoyant son incapacité à se bouger avec la société. Ce projet est consciemment privé de la traditionnelle réflexion sur soi que produit le monde de la culture et présenté comme un show très abouti relevant du genre culture de masse.
Il donne une définition opérationnelle de la position d’outsider total dans la culture contemporaine.
 

Sans titre 21, 1997. Photographie couleur, Diasec