Annouchka Brochet Marina Chernikova Valery Chtak Exposition de Groupe Dubossarsky - Vinogradov Alla Esipovich Laszlo Fehér Dasha Fursey Georgy Gurianov Valery Koshlyakov Vlada Krassilnikova Andrei Molodkin Ivan Plusch Aidan Salakhova Arsen Savadov Sergei Serp Yuri Shabelnikov Stephen J. Shanabrook Sergey Shekhovtsov Rupert Shrive Olga Tobreluts Evgeny Yufit |
 |
Avec:
Dubossarsky & Vinogradov
Andrei Molodkin
Yuri Shabelnikov
Valéry Koshlyakov
Arsen Savadov
Sergey Shekhovtsov
Alexander et Marina Royzman
Marian Chernikova
Dimitry Fain & Ivan Razumov
Stephen J. Shanabrook
Rupert Shrive
Raffaella Nappo
L'exposition “East / West”, regroupe une sélection d’artistes Russes et d’artistes internationaux (Italie, Grande-Bretagne, USA) ayant en commun une réflexion artistique basée sur la remise en question de la société contemporaine ainsi que la déconstruction de nos références culturelles. A partir de leurs expériences et leur passé propre, ils mettent en valeur dans leurs oeuvres le constat de la perte de rationalité de la société actuelle.
Miroir des déboires tant culturels que sociaux de notre époque, "East / West" est à la fois une rencontre et un dialogue entre des regards artistiques différents, appartenant à deux espaces géographiques historiquement distincts : à l'Est plusieurs décennies d’amnésie culturelle ont affecté les artistes Russes, les obligeant à opérer une relecture de leurs références à travers celles du monde occidental ; à l'Ouest, l’état général d'agressivité soulève des interrogations liées à de nouveaux codes, comme par exemple la culture du « moi » et de l’argent.
Le projet le plus représentatif de cette remise en question culturelle est celui d’Andrei Molodkin. En créant des sculptures en acrylique remplies d’or noir, il vise à démasquer l’ « exportation de la démocratie au nom du pétrole ». Il dénonce ainsi la culture de masse, le règne des dollars et du pétrole dans le monde.
Dans le même esprit, par son « Trône » surplombé de deux caméras de sécurité, sculpté en mousse, Sergey Shekhovtsov met l’accent sur la rivalité/amitié entre l’Est et l’Ouest. Ce symbole du pouvoir, vide au demeurant, à la fois solide et fragile, révèle sa nature obsolète et caduque dans un monde où le changement est omniprésent. Qui prendra le pouvoir ?
Virulence, ironie, cynisme sont les armes habituelles dans la rhétorique plastique d’Arsen Savadov. Il travestit et transgresse ses sujets pour mieux décaper à l’acide les clichés persistants de l’ex-URSS, encore présents dans les esprits du monde capitaliste comme dans celle du peuple russe actuel. A travers « Collective Red II », il immortalise dans des portraits de famille ses figurants, placés sous l’emprise de la nostalgie, certes profonde, mais démystifiée, des symboles forts du communisme. Le rouge domine, l’impudence aussi.
La construction d’une identité culturelle passe, en dehors de la représentation du pouvoir politique, par les lieux de vie révolus et actuels qui sont les figures d’une Histoire commune. Se basant sur des images documentaires de villes, Marina Chernikova propose une nouvelle vision de la Mégalopole. Elle unit en une seule représentation différents fragments visuels afin de créer sa propre agglomération virtuelle. Elle révèle ainsi le conflit entre la perception d'une image, la mémoire et sa représentation.
Valery Koshlyakov essaie quant à lui de reproduire à nouveau, ce qui avait été créé auparavant, mais qui, d’après lui, a été perdu dans les nouveaux acquis de la culture. En confrontant la tour Saint-Jacques, récemment restaurée, à des poubelles publiques, sa démarche tend à pointer du doigt le délabrement des valeurs de la société actuelle.
Un autre lieu, celui du symbole autrement populaire du terrain de football, est le sujet central d’une création de Yuri Shabelnikov en tant qu’espace guerrier entre les nationalités.
Une autre perspective de l’exposition s’inscrit dans la représentation de l’humain, son image. Le dernier projet de Stephen J. Shanabrook consiste à faire fondre des poupées de célébrités, support d’une certaine idolâtrie, de sorte que le plastique dont elles sont faites se fonde en d’effrayants objets écrasés. Il confronte ainsi deux hantises de la société contemporaine : le statut de la célébrité et la mort. Il montre aussi comment un objet d'attraction peut facilement se transformer : à partir de sa sublimation, l’objet inaccessible d'admiration ou de désir peut alors être perçu comme un objet déformé provoquant le malaise et l'inquiétude.
De son côté, Rupert Shrive réarrange des acryliques sur papier, et réalise une étude formelle du portrait : donner un traitement tridimensionnel à des œuvres bidimensionnelles. Inspiré par l’environnement urbain, ses œuvres tentent d’établir un dialogue entre la création et la destruction, en utilisant un langage propre à notre époque. Il s’agit d’un processus en trois étapes : création, destruction et re-création de l’être.
Raffaella Nappo, quant à elle, vise l’être en lui-même, être qui disparaît pour ne réapparaître qu’avec ses attributs. Ses gants en fibre de carbone deviennent alors l’écrin de corps dématérialisés. En redonnant vie et mouvement aux objets congelés dans un instant éternel, cette oeuvre souligne le fait que nous nous trouvons face à l'absence d'un interprète humain.
Le fameux duo V. Dubossarsky & A. Vinogradov, dont les projets sont basés sur la réutilisation du Sots art (version russe du Pop’ art), ne dérogera pas à cette présentation collective. Ils présenteront une œuvre inédite, fidèle à leurs compositions de style néo pompier, intégrant les poncifs du réalisme soviétique et les codes de la société de consommation.
En brassant des sujets de réflexion universels, des media variés, cet événement se veut aussi révélateur d’une récente ligne de conduite de la Galerie qui vise à étendre son champ d’action à des artistes de nationalités diverses. Cette rencontre sera également l’occasion d’observer la position de la création contemporaine russe.
|
|

Alexander et Marina Royzman, Sphinx, 2007. Sculpture en bronze, 6 éditions
|  |